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Comment devenir le meilleur sommelier

Le 15 mars dernier, au terme d’une semaine de compétition extrêmement exigeante et chaudement disputée à Anvers, en Belgique, un jeune homme de 27 ans, l’Allemand Marc Almert, est devenu la 16e personne sur la planète à remporter le titre de Meilleur sommelier du monde ASI. Lors de la finale, il avait affronté deux non moins remarquables candidats : Nina Højgaard Jensen, du Danemark, et Raimonds Tomsons, de Lettonie, qui devaient terminer respectivement deuxième et troisième.

Au cours de la finale, comme tout au long de la semaine, les candidats ont su démontrer un niveau de connaissances et de compétences incroyable. Le niveau de difficulté ne cesse d’augmenter, au fil des ans, et les candidats capables de relever le défi sont de plus en plus nombreux. C’est pourquoi nous avons même dû ajouter un 19e finaliste, cette année : le classement était tout simplement trop serré. Le talent et les capacités toujours plus grandes de plusieurs nouveaux candidats expliquent d’ailleurs pourquoi certains parmi les favoris présumés ont vu leur parcours se terminer en demi-finale : avec un tel niveau d’excellence, rien ne pouvait être pris pour acquis.

Sortir premier d’un tel rassemblement de candidats hautement qualifiés est on ne peut plus impressionnant. Et pour nous, à l’Association de la Sommellerie Internationale, un tel niveau de compétition devient une motivation supplémentaire pour apprendre, s’ajuster, renforcer les tests, améliorer les scénarios, la logistique et l’évaluation.

Les résultats expriment bien l’excellence en termes de connaissance et de compétences, mais ils sont aussi le reflet d’une capacité à s’adapter et à réagir avec grâce, plutôt qu’une question de perfection. Dans un restaurant, un sommelier doit s’attendre à l’inattendu. Pour être parmi les meilleurs, il faut savoir rester concentré quand les choses vont de travers, garder l’esprit ouvert, maintenir son écoute et rester humble. Si tout va bien un soir, rien n’est garanti le lendemain : la capacité de s’adapter aux circonstances est essentielle pour tout sommelier qui veut être au sommet de son art.

Pendant la finale, Marc Almert a impressionné la foule par sa précision et son savoir-faire, mais il l’a charmée avec sa présence et son attention constante donnée aux « clients » assis sur scène pour les épreuves finales. On pourrait dire qu’il est devenu champion en mettant ses compétences et ses connaissances au service du client avant tout. Même à ses plus hauts sommets compétitifs, la sommellerie demeure une question de service.

Au moment où nous prenons la mesure du succès de l’évènement, j’aimerais remercier tout particulièrement l’équipe de l’ASI, du Bureau d’administration au comité technique en passant par l’équipe communication et marketing, y compris ceux et celles qui ont travaillé à la diffusion des médias sociaux et à la production vidéo, avec comme résultat une visibilité sans précédent à l’échelle mondiale.

J’aimerais aussi prendre le temps de saluer le travail exceptionnel des présidents des associations nationales et de leurs équipes. L’organisation des concours nationaux, le recrutement de jeunes sommeliers intéressés à devenir candidats et le soutien à leur préparation empiète souvent sur les congés et la vie de famille, pendant plusieurs années, sans rémunération et sans grande reconnaissance. Cet engagement à l’échelle nationale est essentiel au rayonnement et au bon fonctionnement de l’ASI, ainsi qu’à la progression de la sommellerie partout dans le monde.

Finalement, j’aimerais exprimer toute notre gratitude au président du comité organisateur, William Wouters, et à toute son équipe, pour leurs efforts immenses de préparation et de réalisation du concours, un succès qui leur revient avant tout. À mesure que le concours grandit en importance, ce travail devient toujours plus exigeant. Merci également à toutes les délégations qui sont venues à Anvers pour l’occasion, à tous ceux et celles qui ont participé de près ou de loin à la réalisation de ce grand projet, et à tous les partenaires qui ont offert un soutien et des occasions d’apprentissage de haut niveau à nos sommeliers – ainsi que des vins savoureux.

Andrés Rosberg
Président de l’Association de la Sommellerie Internationale

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