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L’Afrique, une nouvelle présence sur la scène de la sommellerie internationale

La profession de sommelier ne cesse de progresser, un peu partout sur la planète, et l’Afrique ne fait pas exception à cette tendance. Trois associations nationales y sont en pleine croissance et de plus en plus actives, tout en encourageant l’émergence de nouvelles associations sur le continent. La progression est assez rapide, sachant que la première association, à l’île Maurice, a été fondée il y a à peine plus de 10 ans et que les défis relatifs au développement de la profession sont nombreux, dans la région.

L’accès aux ressources et aux programmes de formation n’est pas toujours simple – y compris la capacité de goûter des vins du monde entier. Et ce n’est pas tout, comme le souligne Michèle Chantôme, fondatrice et présidente de l’Association des sommeliers du Maroc (ASMA) : « C’est un défi considérable d’obtenir une reconnaissance officielle du gouvernement quand on est dans un pays musulman où l’alcool est interdit. »

L’Association marocaine, fondée en 2012, compte 30 membres et a tenu son deuxième concours national l’automne dernier. Elle a envoyé un candidat au concours européen de Vienne, ainsi qu’au concours du Meilleur sommelier du monde. L’association mauricienne, créée en 2008, compte 65 membres et a récemment envoyé le candidat Jeff Thomé au concours mondial d’Anvers.

On ne sera pas surpris d’apprendre que l’Association des sommeliers d’Afrique du Sud (SASA) est la plus importante avec 140 membres, puisqu’il s’agit d’un important pays producteur de vin. L’Association a été fondée en 2010 par un groupe de sommeliers internationalement reconnus basés en Afrique du Sud. Le pays a été bien présent dans les concours internationaux, avec la 25e place de Jo Wessel au concours d’Anvers, ainsi que la présence de Gareth Ferreira parmi les demi-finalistes de 2016, à Mendoza.

Higgo Jacobs, membre fondateur de la SASA, qui a quitté la présidence de l’association au début de l’année, décrit bien le mélange d’opportunités et de difficultés qui entourent la sommellerie en Afrique. « Il existe un énorme marché inexploité, sur le continent, et la profession ne vise pas seulement à accompagner sa croissance, mais bien à y jouer un rôle de premier plan. Les défis, quoi qu’il en soit, sont considérables. La culture du vin et le service y sont souvent méconnus. Pas seulement du point de vue de l’offre, mais aussi de la demande. »

Le développement des compétences professionnelles est une priorité pour l’ensemble des associations. Au Maroc, explique Michèle Chantôme, « les écoles hôtelières assurent une certaine formation, mais la partie consacrée aux vins y est très faible. » Pour y remédier, l’ASMA offre maintenant 12 séances de formation par an. À l’île Maurice, les hôtels sont les premiers responsables de la formation offerte, avec les diplômes du WSET. L’Association nationale a donc décidé d’offrir des formations dans les écoles hôtelières, ainsi que des entraînements destinés aux candidats au concours national, qui a eu lieu quatre fois, à ce jour. En Afrique du Sud, deux académies – The Sommelier Academy et Somm 101 – sont certifiées par la SASA, qui fournit le matériel de formation et supervise les examens.

L’accroissement du nombre d’associations nationales est également d’une grande importance pour les associations existantes. Jérôme Faure, le président de l’association mauricienne, lance avec optimisme qu’il pourrait y avoir jusqu’à 10 nouvelles associations, au cours des prochaines années. Les Seychelles, le Zimbabwe, le Kenya et Madagascar semblent être les candidats les plus probables. Michèle Chantôme jette également un regard sur les pays voisins, comme Israël et le Liban, dans une perspective de développement régional. Les récents succès des Zimsomms, un groupe de sommeliers du Zimbabwe qui travaillent en Afrique du Sud et dont l’équipe a obtenu la 14e place au Championnats du monde de dégustation à l’aveugle, en 2018, permet non seulement de soutenir le développement des compétences chez les sommeliers zimbabwéens, mais montre aussi un chemin possible vers la création d’une association nationale en bonne et due forme.

Comme le dit Higgo Jacobs, « nous aimerions beaucoup voir apparaître au moins trois nouvelles associations, dans un avenir proche, afin de pouvoir travailler à l’établissement de notre propre chapitre au sein de l’ASI et ainsi, à l’organisation de nos propres concours régionaux. » Le renforcement d’un pôle régional pour les concours, tout comme la formation et le développement professionnel, ont un rôle important à jouer dans la croissance de la profession sur le continent africain.

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